A Commonplace – Translations

A number of people have very kindly translated some of my poems from A Commonplace into various languages. In the spirit of the book, if any others would like to translate any of the poems please do get in touch via the contact page.

Un petit-déjeuner

Translated by Hanine Kadi

Seul, vraiment seul.
Personne ne va descendre
ou entrer, et donc je me permets
de me servir d’un peu plus de tout,
et je prends mon temps.

Et puis tu apparais,
un peu de porridge dans ta casserole,
tu prends ton déjeuner dans le frigo,
tu écoutes la radio presque inaudible,
tu lis un livre emprunté à la bibliothèque,

avant de mettre ta vaisselle dans l’évier
et de partir à l’usine,
sans même échanger un regard,
peut-être ne sais-tu même pas
que je suis un jour né.

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Les chemins de campagne

Translated by Hanine Kadi

Et il prenait les chemins de campagne
qui le menaient souvent à des champs labourés,
à des barbelés, à des fermiers armés de fusils de chasse,
et une fois à une passerelle de bois, au-dessus
d’une rivière, sur laquelle une pancarte affichait
« Condamné » : on l’a traversée, bien sûr.
C’était mon papa. Où est-il maintenant ?

J’ai juré que je ne prendrais pas les chemins de campagne
mais me voilà, portant mon vélo au-dessus d’un échalier,
traversant à gué, passant par un champ de tir, me voilà
sur les chemins de campagne, et cette silhouette
au loin, sautant par-dessus un portail
quand il ne le devrait pas, c’est mon père. 

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Calme l’après-midi après la pluie

Translated by Hanine Kadi

Calme l’après-midi après la pluie
Et puis la soirée qui s’incline
Pour observer l’avancée de la nuit
Et un autre jour est passé.

Ce qui m’effraie n’est pas le passage
Du temps. Mais de me trouver là
A ce moment de ma vie, comme si
je savais qu’il n’y a rien que je puisse faire.

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Le Silence (The Silence)

Translated by Amélie Doche

En réponse au Cantus in Memoriam Benjamin Britten par Arvo Pärt

Je préfère le silence qui n’est pas
Silence mais respiration, l’orchestre
De chair et de pensée, prisonnier d’un arpège,
En boucle. Mais revenons au silence,
Qui s’installe au début et à la fin
Et pose une main sur notre épaule
Ou prend nos mains et ne nous mène pas
Au paradis ou en enfer, mais au sein de l’éternel
Jardin de l’ignorance, duquel
Nous nous sommes douloureusement dérobés.
Mais revenons au silence,
Qui pour nous, vivant à la surface,
N’a rien de silencieux – il est le rugissement
Ininterrompu du devoir et des communiqués, des allées
Et venues, et, pour Benjamin Britten,
Il était la grande cloche qui retentit et puis
Se tut. Et c’est ce que je préfère ;
Le silence bruyant comme la cloche
Vers lequel nous revenons, duquel nous émanons.

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Père (Father)

Translated by Hélène Portefaix

Avec mon père, invisible à mes côtés,
j’ai marché jusqu’aux champs qui bordent
la ville. Mais ils ne sont plus là aujourd’hui :
nouvelles routes, nouveaux noms, nouveaux visages.

Papa, attends-moi ici un moment, lui dis-je,
je vais aller voir ce qui
est arrivé à nos vies. Il s’est assis
sur le banc neuf qu’on venait d’installer.

Et quand je suis revenu, chargé d’histoires
racontant le changement, je l’ai trouvé
mort, figé, ses yeux froids
fermés à la froideur du monde. Des années

durant, il avait vécu ici
et puis un jour : ses routes rebaptisées,
ses champs dévorés par les lotissements,
les sourires familiers gommés sur des visages inconnus.

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Un desayuno (A Breakfast)

Translated by María Castro Dominguez

Solo, realmente solo.
Nadie a punto de bajar
o entrar, y así me permito
un poco más de todo,
y no me doy prisa.

Y luego estás ahí,
con una cacerola pequeña de avena,
sacando tu comida para llevar de la nevera,
escuchando la radio silenciosa,
leyendo un libro de la biblioteca,

antes de colocar los platos en el fregadero
y coger tu permiso de trabajo,
sin intercambiar una mirada,
tal vez ni siquiera consciente
que yo nací

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Une équation du second degré (A Quadratic Equation)

Translated by Amélie Doche

Un papa et une fille tâchent de résoudre une équation du second degré.
Ils cherchent la valeur de x en suivant la procédure indiquée,
à commencer par la factorisation. La solution leur échappe – 
ils observent le problème depuis la fenêtre extérieure, embuée.

A l’étage, un fils, employé dans le secteur du bâtiment, joue de la guitare
sans avoir conscience de l’impossibilité mathématique de la ‘gamme tempérée’.
Et, dans le salon, une maman examine la probabilité
que le personnage A tue le personnage B avant la fin de l’épisode.

La fille et le fils se croisent dans l’escalier. Elle est irritable et soustraite
De ses obligations, a été envoyée au lit, tandis que le papa continue de travailler,
en vain. Quelle que soit la valeur de x, ils ne la connaîtront point ce soir.
Peut-être que x n’a pas de valeur. Ou peut-être que x a beaucoup de valeurs.

Peut-être que sa valeur se trouve dans les accords dissonants que le fils
Démêle ou dans le silence tendu entre le personnage A
et le personnage B avant la détonation, ou peut-être qu’elle est simplement
ce qui ne peut être exprimé, bien que son existence soit avérée.

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‘Won’t’

Translated by María Castro Dominguez

Mamá me lee ‘Won’t’ de Walter de la Mare,
como solía hacer cuando éramos madre
e hijo. Es la misma casa, el mismo aire,
las mismas palabras, pero en su cabeza otra
mujer sostiene a su pequeño. Ella me dice:
Te leí esto cuando era tu madre.

Su voz se distorsiona. Ella no llora. Una abeja
golpea la ventana dos veces, y luego se aleja.
Pero todavía sigues leyéndolo, le digo, y todavía
somos madre e hijo.
                                               Oh. ¿Te quedarás
a tomar el té? pregunta, como siempre lo hace.
No lo haré, no; lo siento. Tengo que irme de aquí.

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